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Lettre ouverte aux artistes Camerounais : Ce que préconise l’artiste Alioti SHEIDA pour une sortie de crise

Le père du Mendu Legend invite ses collègues artistes à abandonner les intrigues des réseaux sociaux et à se mettre ensemble pour trouver une issue à la crise qui mine le secteur de l’art musical depuis belle lurette. C’est en substance le contenu de la lettre ouverte publiée par l’artiste spécialiste des questions des droits de la propriété intellectuelle ce jour. Une lettre dont nous nous proposons la teneur.

LETTRE OUVERTE AUX ARTISTES CAMEROUNAIS

Chers artistes !

Permettez-moi d’abord de rappeler ce pan de notre histoire : les œuvres musicales étaient protégées et gérées auparavant en France par la SACEM. En 1979, à la faveur du principe de territorialité décidé lors de la convention de Berne tenue le 24 juillet 1971 à Paris, le Cameroun a commencé la gestion du droit d’auteur par la SOCADRA, une société parapublique créée par décret présidentiel. Quelques années plus tard, l’État décide à travers la loi de 1990, de muter l’OGC en société civile privée. Dès lors, les ministres se succèdèrent et chacun donnait ses orientations. Seulement quand il part, un autre vient avec de nouvelles orientations. On reprend les mêmes et on recommence. Ainsi de suite…

En effet, depuis le 22 septembre 1979, 13 (treize) sociétés ont été créés, mais aucune n’a exercé pendant 10 (dix) ans. D’aucunes sont mortes dans l’œuf (SOCADROM, SOCIM, SOCACIM, SOCIDRAP et autres…).

Des dirigeants s’y sont passés sans qu’on ne retienne un seul bon souvenir d’eux. D’aucuns sont partis la queue entre les jambes. D’autres ont pris la poudre d’escampette. Des éminences grises et professeurs ont perdu leur notoriété. Des icônes et artistes de renommée ont été descendus. Ils y ont laissé leurs plumes. Les lois et textes réglementaires ont été posés et superposés, adoptés et actualisés. Mais l’applicabilité n’a toujours jamais marché. Rien n’a véritablement changé depuis longtemps.

L’argent a souvent pris d’autres direction, parfois dans les poches des magistrats, avocats, juristes et autres conseils de tous bords. Pourtant aucun verdict n’est venu stabiliser le secteur.

Des responsables des OGC s’immiscent dans la gestion d’autres sociétés sœurs, abandonnant leurs entreprises au détriment des grands dossiers, pour lutter pour la chute de leurs  collègues,  pourvu qu’ils ”tombent”.

Les studios et cabarets sont actuellement vides, au profit des réseaux sociaux, non pour notre visibilité, mais pour s’insulter, se déchirer et se tirer dessus tout au long de la journée, ceci des années durant.

Alors moi, je me pose souvent ces questions :
– Pourquoi cette dispersion d’énergies qui devraient nous servir à écrire davantage les belles pages de notre musique ?

– Pourquoi ne pas regarder ensemble dans la même direction ?

J’ai la conviction que l’ennemi n’est pas dans la maison, il viendrait d’ailleurs !

(c) Alioti SHEIDA
Artiste, Sociétaire Professionnel

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