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14 juillet 2022 : Échos de la Célébration de la fête nationale de France au Cameroun

La fête nationale française a été aussi célébrée  au Cameroun   par plus de 750  invités français et Camerounais sur le thème “Le 14 juillet, une fête qui nous rassemble”. Les autorités camerounaises y étaient bel et bien  représentées tant en nombre qu’en qualité. Tenez unr quinzaine de Ministres. L’Ambassadeur de France, SEM Christophe  GHUILHOU  a prononcé un discours dans lequel il a réaffirmé la volonté de la France de soutenir le Cameroun dans ses efforts pour réaliser le progrès, la prospérité, l’unité nationale et la cohésion sociale

LA RÉDACTION

Cette année, le Quai d’Orsay a autorisé les ambassades françaises à travers le monde à célébrer de nouveau la  fête nationale de ce pays le 14 juillet, à condition que le contexte sanitaire le permette. C’est le cas au Cameroun où, avec les médecins conseils, SEM l’Ambassadeur a  estimé qu’étant encore présente au Cameroun,la pandémie de la covid-19 ne devrait en rien empêcher la célébration de cette fête véritable moment de communion.

Cependant, si le Quai d’Orsay  a autorisé cette année à célébrer de nouveau le 14 juillet, il demande de garder à l’esprit la gravité du contexte international.

la célébration 2022 a été placée sous le signe de la sobriété et de la solidarité. Solidarité avec le peuple d’Ukraine, victime de l’agression Russe, agression que la France, l’Union européenne et ses Etats membres, avec les autres grands partenaires attachés au respect du droit international condamnent. Solidarité avec les populations de l’Afrique centrale, victimes du terrorisme depuis de trop longues années.  Solidarité avec les populations de la région qui subissent une grave crise alimentaire, conséquence non seulement de la mauvaise saison des pluies de l’année dernière, mais aussi de l’agression russe en Ukraine, la Russie ayant délibérément choisi de se livrer à un odieux chantage alimentaire. Solidarité enfin avec les Camerounais et les Français, notamment les plus vulnérables, frappés par la hausse des prix de l’énergie, l’inflation, la réduction de leur pouvoir d’achat, résultant encore une fois de l’agression russe contre l’Ukraine.

Aussi l’ambassade de France au Cameroun a-t-elle décidé de célébrer cette année le 14 juillet 2022 à Yaoundé mais avec sobriété : un nombre d’invités réduit de moitié, un budget limité, sans recours au mécénat.

Le 14 juillet 2022 Son Excellence GUILHOU a  axé son adresse  sur la célébration de la République et de ses valeurs, résumées dans la  devise  de l’hymne : « Liberté, égalité, fraternité ». Dans son fonctionnement au quotidien,S.E Christophe GUILHOU s’efforce toujours  de démontrer que ces valeurs, sont  les principes qui guident  l’action publique de la France au Cameroun qui sont  largement en partage, entre la République française et la République du Cameroun. Et dès lors ces valeurs sont partagés entre les deux pays, il est plus aisé de faire converger leurs  intérêts.

C’est ce qui a guidé l’action de l’actuel Ambassadeur  de France au Cameroun et de  celle de l’ensemble du dispositif français, au cours de ces dernières années. Action qui consiste à toujours améliorer la  relation bilatérale et à œuvrer ensemble, Cameroun et France, pour la paix, la stabilité et la prospérité partagée, dans chacun de leur  pays, dans la région et dans le monde.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, qui s’entretient régulièrement avec le Président BIYA, a salué  la réussite remarquable du Cameroun dans la restauration de la sécurité et de la stabilité pour le pays, garanties depuis plus de dix ans. Il n’est plus nécessaire de décrire la méthode globale camerounaise, multidimensionnelle, bien connue de tous, qui a donné ce résultat.

Aujourd’hui, la France accompagne le Cameroun afin de consolider ses acquis ; elle l’accompagne aussi dans ses efforts pour progresser vers toujours plus et mieux d’unité nationale, de cohésion sociale, de prospérité partagée.

PLUSIEURS TYPES D’ACTIONS POUR CONSOLIDER LES ACQUIS.

La France et le Cameroun ont continué de coopérer dans les secteurs de la défense et de la sécurité. Les trois armées (terre, air, mer) bénéficient de cette coopération, ainsi que la police et la gendarmerie. Ce partenariat s’intensifie cette année, avec la garde nationale et la protection civile.
Le Cameroun et la France se concertent étroitement, et allient leurs efforts, sur le plan bilatéral  pour contrer la menace terroriste dans la région. Ce n’est pas en recourant aux services payants d’une société militaire privée étrangère, que la sécurité et la stabilité seront durablement rétablies dans les pays de la région, dans le respect de la souveraineté de chacun. C’est en renforçant les armées nationales, les forces de sécurité intérieure, leurs coopérations bilatérales . La France restera aux côtés des pays qui le souhaitent et qui l’assument.

En ce qui concerne les équilibres macro-économiques, autre acquis du Cameroun, la France apporte son soutien à travers l’assistance technique dans plusieurs domaines, et un suivi attentif des discussions avec plusieurs bailleurs de fonds. Le rôle joué par la France dans la réallocation des droits de tirage spéciaux (DTS) en faveur des pays africains est connu.

Au-dela des acquis à consolider, la France accompagne le Cameroun dans ses efforts pour progresser vers toujours plus et mieux d’unité nationale, de cohésion sociale, de prospérité partagée.
Aujourd’hui, la France et le Cameroun travaillent ensemble pour consolider le plurilinguisme que promeut le Cameroun.

Quelques images fortes de la célébration de la fête nationale française au Cameroun

CI-DESSOUS L’INTÉGRALITÉ DU DISCOURS PRONONCÉ LE 14 JUILLET 2022 PAR LE NOTABLE S.E.M CHRISTOPHE GUILHOU, AMBASSADEUR DE FRANCE AU CAMEROUN

Chers Amis camerounais, mes chers compatriotes,
Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter à toutes et à tous la bienvenue ce soir à l’occasion de la célébration du 233ème anniversaire de la prise de la Bastille. Je suis heureux de vous accueillir en compagnie de mon épouse, Narguès, et de l’ensemble des personnels des services et des opérateurs français au Cameroun.
Je vous le dis avec beaucoup d’émotion, de fierté et d’espérance.

Beaucoup d’émotion tout d’abord, parce que vous êtes les amis de la France et que c’est depuis 3 ans mon premier 14 juillet avec vous tous.
Organiser cette fête nationale n’allait pour autant pas de soi.
En effet et malgré tout, le combat contre la Covid se poursuit, mais nous savons également que nous surmonterons cette épreuve collectivement.
J’aimerais adresser un mot particulier à ceux d’entre vous qui, il y a deux ans, se sont portés en première ligne pour gérer la crise, ainsi qu’aux personnels soignants, comme à toutes les équipes de l’Ambassade qui ont sacrifié de leur temps pour organiser une campagne de prévention et de vaccination sans précédent : grâce à vous tous, nous avons pu maintenir ouverte l’Ambassade tout au long de la crise. Du fond du cœur, merci !
Beaucoup d’émotions mais également beaucoup de fierté parce que, ici, ce soir, nous mesurons la force et l’étendue des liens unissant nos deux pays.
J’ai pu en effet, depuis mon arrivée, visiter presque toutes les régions du Cameroun, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, en appréciant outre l’accueil et la générosité des populations, le caractère unique de l’amitié franco-camerounaise. Je remercie les innombrables Camerounais et Camerounaises, qui dans les villes, les villages et le long des routes, comme au cours de mes tournées cyclistes ou mes visites de projets, m’ont spontanément manifesté leur sympathie, prodigué des encouragements, et n’ont ménagé aucun effort pour m’accueillir chaleureusement selon les traditions propres à chaque région. Merci à toutes et à tous.
Nos deux pays partagent des principes communs. Nous pouvons bien entendu avoir sur tel ou tel sujet des divergences, mais nous demeurons convaincus que notre partenariat reste important pour le maintien d’un ordre international fondé sur des principes partagés.
Beaucoup d’émotions, beaucoup de fierté et également beaucoup d’espérance parce que le Cameroun possède un potentiel formidable notamment en matière agricole, économique, culturel et touristique. Il est important qu’il puisse être développé en privilégiant l’intérêt général et la jeunesse du pays.
Au cours de l’année écoulée, des événements importants ont renforcé encore l’amitié ancienne et profonde entre le Cameroun et la France. Nos deux pays s’épaulent mutuellement et agissent côte à côte pour tenter de bâtir un monde meilleur.
Il y a quelques jours encore, je participais à Paris à la clôture de la première saison culturelle du Cameroun. Un évènement sans précédent au cours duquel les arts, les cultures et les traditions de ce pays ont été mis à l’honneur dans la capitale française. Dimanche prochain, l’exposition « Sur les routes des chefferies du Cameroun », au musée du Quai Branly (Jacques Chirac), fermera ses portes. Par cette exposition, pendant plus de trois mois, le Cameroun a fait découvrir au public parisien un patrimoine unique, historique et vivant. C’était un évènement historique.
Le Cameroun et la France partagent l’amour de la culture, mais également celui du débat d’idées. Nous avons ainsi poussé plus loin le dialogue décomplexé et apaisé qui cimente notre amitié, notamment en anticipation et à la suite du Nouveau Sommet Afrique-France d’octobre. Quatre journées de réflexion ont par exemple été organisées à travers le territoire national, lors desquelles la jeunesse camerounaise a été invitée à réfléchir à une nouvelle relation entre l’Afrique et la France.
Les recommandations qui ont émergé dans ce cadre ont par ailleurs alimenté les réflexions en amont de l’évènement de Montpellier, où la délégation camerounaise était, de loin, la plus nombreuse : voilà encore une illustration de la force extraordinaire de notre relation.
Dans la continuité de la réunion de Montpellier, la jeunesse camerounaise a créé une structure de plaidoyer. Née le 21 juin dernier, ce Conseil est désormais pleinement associé à la réflexion stratégique sur notre partenariat. C’est également ce Conseil qui co-organisera un forum régional sur le Dialogue Europe-Afrique qui se déroulera en décembre prochain à Yaoundé. Cette initiative est à ce jour unique sur le continent.
La vigueur de l’amitié franco-camerounaise s’illustre aussi dans les mobilités croisées entre étudiants, enseignants et chercheurs. 30 conventions interuniversitaires ont été signées entre instituts d’enseignement de nos deux pays. Nous nous réjouissons de l’intérêt toujours croissant que porte la jeunesse
camerounaise a été invitée à réfléchir à une nouvelle relation entre l’Afrique et la France.
Les recommandations qui ont émergé dans ce cadre ont par ailleurs alimenté les réflexions en amont de l’évènement de Montpellier, où la délégation camerounaise était, de loin, la plus nombreuse : voilà encore une illustration de la force extraordinaire de notre relation.
Dans la continuité de la réunion de Montpellier, la jeunesse camerounaise a créé une structure de plaidoyer. Née le 21 juin dernier, ce Conseil est désormais pleinement associé à la réflexion stratégique sur notre partenariat. C’est également ce Conseil qui co-organisera un forum régional sur le Dialogue Europe-Afrique qui se déroulera en décembre prochain à Yaoundé. Cette initiative est à ce jour unique sur le continent.
La vigueur de l’amitié franco-camerounaise s’illustre aussi dans les mobilités croisées entre étudiants, enseignants et chercheurs. 30 conventions interuniversitaires ont été signées entre instituts d’enseignement de nos deux pays. Nous nous réjouissons de l’intérêt toujours croissant que porte la jeunesse camerounaise pour effectuer ses études en France. 1700 visas étudiants ont été délivrés en 2020. Plus de 2500 visas en 2021, et environ 3500 cette année.
Nous génèrerons également des mobilités qui conforteront le Cameroun en tant que pôle d’excellence régional en matière d’enseignement et de recherche.
C’est précisément parce que le Cameroun et la France partagent les mêmes convictions que nous faisons tant ensemble, dans le cadre de cette relation partenariale, décomplexée et apaisée. Les actions que nous menons en commun sont innombrables, notamment à travers le C2D, contrat de désendettement et de développement.
Ainsi, nous avons par exemple finalisé, à travers l’AFD, dont le Directeur général Rémi Rioux est venu à Yaoundé en février, la première phase du programme d’infrastructures « Capitales régionales » ; les villes de Dschang, Bafoussam et Bertoua en sont transformées. La seconde phase du programme va être lancée, au bénéfice des villes de Maroua et Bamenda.
Cela s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement de la France au processus de décentralisation. Par ailleurs, le programme « Yaoundé Cœur de Ville », se traduira par des aménagements structurants (carrefours, places, gare routière) dans la capitale, et une mobilité urbaine repensée.
Permettez-moi de saisir cette occasion pour clarifier une polémique, sur la reconstruction du Nord-Ouest et Sud-Ouest. Cette polémique a été lancée il y a quelques jours. Ainsi, contrairement à ce qui a été dit, la France n’a jamais renié les engagements qui ont été annoncés par l’ancien Ministre de l’Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian lors de la visite qu’il a effectuée au Cameroun en octobre 2019.
Depuis sa visite, et pour les prochaines années, la France aura consacré plus de 40 milliards de Francs Cfa au développement et à la reconstruction du NOSO. 40 milliards de Cfa, la polémique est close.
Au-delà, la France via les programmes Acefa, Afop et TransfAgri, s’est investie dans le conseil agricole et le financement d’équipements, en accompagnement des entrepreneurs agropastoraux, de la formation à la valorisation de la transformation agroalimentaire, en passant par l’insertion.
Dans le domaine de la défense, plus de 100 stagiaires des Forces armées camerounaises ont encore été envoyés en 2021 en formation dans les écoles militaires, en France, comme dans les pays africains partenaires.
Les exemples de programme de coopération sont en fait nombreux, qu’il s’agisse de l’investissement solidaire, de la santé, de la formation, de l’éducation, de la défense et de la sécurité, ou encore du sport et de la culture ; mais je n’en citerai qu’un seul : le secteur de l’électricité avec le barrage de Nachtigal, dont Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) est le principal financier. La cérémonie de réception technique de sa cité d’exploitation, dont le coût est estimé à environ 17 milliards de FCfa, a eu lieu il y a quinze jours. Au moment de sa mise en service – prévue pour 2023 –, le barrage permettra de répondre à la demande croissante d’électricité au Cameroun en desservant 30% des besoins du pays.
Ces réalisations devraient suffire à démentir nos quelques détracteurs qui voudraient se persuader, et nous persuader, que la relation entre le Cameroun et la France se porte structurellement mal. Nous continuerons d’agir ensemble, quoi qu’en disent les mercenaires de la désinformation, porteurs au quotidien d’attaques calomnieuses dont l’Ambassade, et moi-même, sommes régulièrement la cible. Nous avons su rester calmes et maintenir le cap.
Le « kongossa » ne nous aura pas.
Je saisis également l’occasion de notre Fête nationale pour me féliciter du renforcement du lien avec l’ensemble de la communauté française, avec l’appui du tissu associatif local et de nos chefs d’îlots de sécurité.
En cette année électorale, tout a été mis en œuvre pour garantir le plein exercice, par les citoyens français, de leur droit de vote au Cameroun, notamment avec l’expérimentation du vote électronique, pour les dernières élections législatives. Je tiens à remercier mes équipes pour leur mobilisation à temps plein, au service des Français du Cameroun.
Excellences, Honorables, Mesdames et Messieurs, chers Amis,
Cela fait donc 3 ans que j’ai l’honneur de diriger l’équipe France au Cameroun. Ces trois années ont été d’une très grande richesse, de moments très forts mais également très stimulants. Tout n’a pas toujours été facile, car les camerounais demeurent exigeants vis-à-vis de tout ce qui touche à la France, et ils ont raison. Et nous avons toujours tenté d’être à la hauteur de leurs attentes, aussi contradictoires qu’elles aient pu, parfois, l’être.
C’est sur ces quelques réflexions que je voudrais terminer, en vous remerciant, Narguès et moi, de l’accueil que vous nous avez réservé et en dédiant cette adresse aux hommes et aux femmes, camerounais et français, qui sont le moteur des relations entre nos deux grand pays.
Vive l’amitié franco-camerounaise ! Vive le Cameroun ! Vive la France !
Je vous remercie de votre attention.

(c) Sébastien ESSOMBA & L’Expression

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